Focus Eau

Jour : Vendredi 30 Janvier 2015

Heure : 11h

Lieu : Salle Potiron


Animation : Marie Gendre - Chargée de projets « Sensibilisation » d’e-graine


Le focus s’est organisé sous forme de jeu-débat : Le « jeu des chaises ».

Ce jeu a pour but de mettre en évidence les inégalités de la répartition de la ressource eau et de l'accès à l'eau potable dans le monde


Déroulement du jeu


1ere partie

Des affiches représentent les continents (Afrique, Amérique du sud, Amérique du nord, Asie/Océanie, Europe). Les participants se répartissent sous les affiches selon leur appréciation de la démographie de chaque continent.

Résultats : l’Asie/Océanie a été légèrement sous peuplée (65% en réalité), l’Europe et l’Afrique sont bien évaluées (respectivement 10% et 16%), l’Amérique du Nord et du Sud ont été surévaluées (en vérité, 4,9% et 8,6%).


2nde partie

L’eau douce liquide ne représente que 0,26% de toute l’eau présente sur la Terre. En tout, cette eau s’étend sur 43 000 km² (glaciers exclus). Cette eau est représentée par une cinquantaine de petits journaux, à répartir par les participants.

Résultats : l’Europe a été surestimée. En vérité, les plus grosses réserves se situent en Amérique du Sud (plus de 30%), suivi par l’Asie/Océanie (29,7%). Cette répartition est due aux précipitations et au relief de ces régions.


3e partie

Sachant que 70% de l’eau consommée dans le monde est dédiée à l’agriculture, 34 gobelets représentent chacun 100 m3 d’eau consommée par an et par habitant. Ces gobelets sont à répartir par les participants.

Résultats : Peu d’eau consommée en Afrique (peu agriculture et peu industries) ; l’Europe a été surestimée, et l’Amérique du Nord, sous-estimée. Il aurait fallu : 17 verres en Amérique du Nord, 6 en Asie/Océanie, 5 en Europe, 4 Amérique du Sud et 2 en Afrique.


La consommation n’est pas proportionnelle aux ressources ! L’Asie/Océanie et l’Amérique du Sud consomment finalement peu par rapport à leurs ressources, contrairement à l’Amérique du Nord.


4e partie

Qu’est-ce que l’accès à l’eau potable ? Un accès peut être anthropique ou naturel. On entend par accès anthropique, un accès pour usage domestique. Les participants pensant ne pas avoir accès à cette eau consommable pour un usage domestique s’assoient, les autres restent debout.

Résultats : 2/8 des participants en Afrique auraient accès à l’eau potable.

Les chiffres officiels varient entre 783 millions (selon l’ONU, via l’évaluation des OMD en 2012) et 2,4 milliards de personnes (chiffres de l’OMS en 2013) n’ayant pas accès à l’eau potable. Ces estimations sont souvent débattues et remises en cause. C’est ainsi que l’OMS est venu en 2013 contester les chiffres de l’ONU, considéré en deçà de la réalité.

En Afrique, 2/3 de la population a accès à l’eau potable ; en  Europe,  98% ; en Amérique du Nord, 99% ; en Amérique du Sud 94% et en Asie/Océanie, 89%. Attention, derrière ces chiffres, il existe des disparités intra-continent, comme entre les pays, entre les régions urbaines et rurales, , et même entre des quartiers de ville !

 

Remarque : en Afrique on comptabilise comme accès à l’eau potable un point d’eau pour une communauté entière (comme un village). La définition de l’accès à l’eau peut poser aussi débat.

 

Ouverture en débat


Pourquoi une telle inégalité ?


Plusieurs facteurs sont à prendre en considération : difficulté d’accès, demande d’aménagements, infrastructures…

Dans certaines régions, c’est la consommation excessive d'eau douce qui pose un vrai problème de ressource.


Et pour le futur ?


L’eau douce liquide disponible ne devrait pas changer à l’échelle du globe. Mais sa qualité et son accès local vont diminuer. La part d’eau polluée risque d’augmenter, les nappes phréatiques d’arriver à épuisement, augmentant les disparités et forçant à se tourner vers des solutions alternatives comme la désalinisation, ou l’exploitation de nappes fossiles restant à découvrir…

Un exemple : à cause de l’activité humaine, le Colorado se tarit et n’atteint plus son embouchure, posant un vrai problème d’assèchement des nappes en Californie.


Avec l’enjeu de devoir satisfaire une population toujours croissante, les problèmes de ressource prennent de plus en plus d’importance dans certains conflits géopolitiques. Une coopération sur la gestion de l’eau douce est nécessaire.


Un exemple : l’investissement important de multinationales de l’eau au Pakistan, qui vendent de l’eau minérale. Ainsi les réseaux ne sont plus entretenus, et ces multinationales augmentent leurs prix après avoir la main mise sur le marché.


Quels obstacles à la mise en œuvre du droit à l'eau dans les pays du Sud ?


L’accès à l’eau est considéré comme un droit humain pour l’ONU depuis 2010. Mais il n’est pas considéré comme un bien gratuit universel. Il y a encore débat sur le droit des entreprises privées et du caractère PPP (Partenariat Public/Privé) des services d’eau.

Une ouverture vers la privatisation peut être bénéfique dans un pays considéré comme corrompu, contournant l’aspect politique de la gestion de l’eau.

La notion d’eau potable évolue aussi selon la population. Les différentes législations peuvent poser problème. Par exemple : le code de l’eau malgache est un code d’origine française. Cette législation est non adaptée au pays, et il est nécessaire de l’adapter aux compétences, aux moyens, et aux terrains locaux.


Quels liens entre accès à l'eau et accès à d'autres droits tels que l'alimentation, l'éducation, ou la santé ?

 

L’eau est intimement liée à ces problématiques. Le droit à l’alimentation dépend totalement de l’accès à l’eau. Par contre, le lien eau/maladie n’est pas toujours bien fait. Exemple : L’importance du mysticisme dans certaines régions amène parfois à plusieurs problèmes sanitaires.

 

Le manque d’accès à l’eau a des conséquences sanitaires indéniables (diarrhées, développement cognitif et physiques…).

Un accès restreint présente aussi un allongement du temps nécessaire pour atteindre la ressource et donc une diminution du temps destiné aux autres activités, comme l’éducation. Ces aspects sont aussi à prendre en compte.

L’accès à la téléphonie, ou à l’électricité peut paraître plus primordial à certaines populations. Il est important de sensibiliser sur l’accès à l’eau, surtout pour des jeunes du monde.

 

Quelles solutions pour favoriser l’accès ?

 

Parmi les "solutions" évoquées pour favoriser l'accès à l'eau potable pour toutes et tous, 2 points principaux ont été évoqués :

- l'action auprès des politiques, pour qui l'accès à l'eau et à l'assainissement n'est pas toujours une priorité ;

- la nécessité de ne pas être uniquement dans une réponse technique, et d'associer les populations aux projets mis en œuvre. La sensibilisation et l’éducation sont parfois plus importantes qu’une simple solution technique. La vraie question est de savoir comment adapter cette techniques aux besoins des populations.

 

Idées clés


Le jeu des chaises a permis de mettre en évidence les inégalités de la répartition de la ressource eau et de l'accès à l'eau potable dans le monde.


Le débat s'est ensuite ouvert sur les conséquences d'une consommation excessive d'eau douce dans certaines régions (assèchement des nappes phréatiques etc.) et les enjeux d'une gestion raisonnée de cette ressource, déjà, aujourd'hui, au cœur de certains conflits géopolitiques. Ont également été évoqués dans les échanges les obstacles à la mise en œuvre du droit à l'eau dans les pays du Sud, et les liens entre accès à l'eau et accès à d'autres droits tels que l'alimentation, l'éducation, la santé, etc.


Reporté par Amale Errami

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