Vis ma vie de chef de projet pour un opérateur de services au Sud

Jour : Samedi 31 janvier 2015

Lieu : Scène de la Salle Emile Laffon


Animation : Chloé Friedlander, Auditeur au Mastère Spécialisé « Integrated Urban Systems - École des Ponts

Intervenants : Doudou Habidou, chef d’exploitation d’Agadez, Société d’exploitation des eaux du Niger.

 

 

Vie ma

Illustration par Hélène Pouille



En bref 


 

Doudou a une formation d’ingénieur, mais exerce un métier qui fait appel à plusieurs compétences.

 

Un opérateur travaille entre le bureau et le terrain suivant les périodes et l’état d’avancement des projets. C’est donc un métier technique et relationnel. Les compétences sont apprises sur le terrain, dont l’ingénierie sociale qui est une nécessité pour échanger avec la société civile. Le temps de travail est conditionné par le terrain.

 

C’est un métier très personnel, qui demande beaucoup d’investissement et d’humain. Le contact avec la population est constant, cela demande une grande énergie et beaucoup d’innovation.

 

La sensibilisation occupe une place importante dans le métier. Chaque agent de la société est un ambassadeur des bonnes pratiques liées à l’eau potable. La formation des agents est donc une première phase essentielle dans la sensibilisation. Il y a également des actions de sensibilisation grand public avec des ONG intervenant sur le terrain. Mais ces actions ne sont pas toujours assez développées.

 

Trois qualités sont nécessaires : bon manager, bon technicien, et être patient.

 

Dans 10 ans, il espère avoir développé l’aspect social de son métier, notamment par l’insertion.

 


Tu peux nous expliquer rapidement ton métier ?


« Je suis Chef d’Exploitation d’Agadez, une entreprise de service public de production et de distribution d’eau potabledans les centres urbains et périurbains. Mon métier est la desserte d’eau potable.»

 

Qu’est-ce qui t’a motivé à faire ce métier ?

« Ma motivation est la noblesse du métier et le fait que l’essentiel des maladies dans les pays du Sahel dont le Niger souffre sont hydriques. En plus, j’ai grandi à Téra (mon village natal) qui est sur un socle, d’où les parents passent l’essentiel de leur temps à chercher quelques litres d’eau.

Travailler dans le secteur de l’eau, c’est contribuer à atténuer la souffrance des personnes qui sont dans le besoin.»

 

Ton boulot c’est plutôt bureau ou plutôt terrain ?


« Mon boulot est les deux, entre le travail purement technique du terrain et la gestion quotidienne de l’administration au bureau.»

 

Tu passes plus de temps à travailler seul ou en équipe ?


« L’essentiel de travail est fait en équipe avec les divisions techniques et clientèles sur le terrain et au bureau avec la division Administrative et Comptable.»

 

Qu’est-ce qui te motive aujourd’hui ?


« C’est le sentiment de contribuer au bien-être de la population quotidiennement.»

 

Qu’est-ce qui t’a déjà surpris, déçu ou déstabilisé ?


«Ma déstabilisation est l’instabilité de l’alimentation en énergie électrique de la station de production d’eau potable. Le sentiment d’impuissance face au problème de la tension électrique et l’angoisse de la population face au manque d’eau.

Le dernier d’exemple est une panne électrique à l’usine d’eau potable qui a failli compromettre ma participation au Forum DEFIS SUD 3. Gérer la pression du pouvoir Administratif (Gouverneur, Maire, Sultan…), coordonner la réparation de la panne avec la compagnie d’électricité et assurer le minimum de continuité de service avec la pression de la population. Surtout, nous intervenons dans une zone désertique où il y’a très peu d’alternatives en termes d’accès à des sources d’eau.»

 

Qu’est-ce qui peut plaire ou déplaire dans ce métier ?


« Le plaisir est la joie des nouveaux clients chaque fois qu’ils se connectent au réseau d’eau potable et ce qui déplait est l’incompréhension de beaucoup en cas de manque d’eau ou bien la déception du client face au coût de raccordement au réseau d'eau potable.»

 

A quoi faut-il s’attendre si on fait ton choix de carrière ? Quelle place pour les initiatives ?


« Il faut pouvoir travailler sous forte pression, travailler sans calculer ses heures.

L’urbanisation non maîtrisée par les communes nous demande beaucoup d’initiatives pour raccorder le plus de personnes aux réseaux d’eau et pour pouvoir s’adapter aux situations imprévisibles qu’on rencontre régulièrement.»

 

 

Avec quelles familles d’acteurs, présentes dans l’Agora des Métiers as-tu des interactions régulières ? Et sur quels services essentiels travailles-tu ?


« Nous travaillons avec tous les acteurs, les bailleurs et l’Etat qui financent les projets et les branchements sociaux, les ONGs qui interviennent dans les centres urbains et périurbains. L’échange des données et commande des études avec les bureaux d’études. Nous travaillons quotidiennement avec les collectivités sur la desserte d’eau de la ville.

Le service essentiel sur lequel je travail est celui de l’accès à l’Eau Potable.»


 

Ton meilleur souvenir professionnel ? Et ton pire ?


« Mon meilleur souvenir est la mise en marche de l’osmoseur d’un centre secondaire d’Ingall après deux jours de travail sans repos, deux jours sans douche, deux jours sans une goutte d’eau au robinet. Apres avoir être envahi par le désarroi, toutes les autorités de la localité faisaient pression sans limite. La résolution du problème a été comme une libération de toute une ville. Des larmes de joie ont coulé sur les joues de plusieurs personnes.»

 

 

Y a-t-il un temps moyen d’occupation pour ton poste actuel ? Sur quoi cela débouche-t-il ?

Et dans 10 ans, tu te vois où ?


« Je ne calcule pas mes heures et les défis auxquels vous faites face ne le vous permettent pas. Cela pourra déboucher à des postes plus importants ou se réorienter dans d’autres secteurs comme l’humanitaire, les communes, les organismes internationaux….

Dans 10 ans, je vais me redéployer dans une direction support qui comporte autant de défis que l’opérationnel et qui est celui de la Direction du Développement Durable.»

 

Les messages à retenir

 

« L’essentiel du métier est appris sur le terrain. »

 

« Etre un bon technicien, mais également un bon orateur pour rassurer les clients. »

 

« C’est un travail humain, vous avez la satisfaction de donner à des familles un accès à l’eau acceptable. Il faut également savoir gérer les aléas pour assurer la continuité du service public, comme par exemple des coupures d’énergie qui peuvent être fréquentes. »

 


Pour en savoir plus 

http://www.veolia.com/fr/groupe/medias/actualites/l-acces-l-eau-priorite-ndeg1-de-veolia-au-niger

 

Les commentaires

  • Impummanb

    Le mardi 23 juin 2020 à 10:49

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