Changement climatique : quelles solutions sur le terrain ?

Jour : Samedi 31 Janvier

Heure : 13h00 - 14h00

Lieu : Salle Tilleul


Animation : Héloïse Chicou, Adjointe au Directeur Général, Partenariat Français pour l’Eau


Intervenants :

Mathieu Gobin, Chargé de projets, Etc Terra

Laurent Raspaud, Chef de projets, Division eau et assainissement de l’Agence Française de Développement


Le changement climatique : une contrainte en plus ou une source d’innovation pour les projets d’accès aux services essentiels ? Un débat pour comprendre la prise en compte de ce nouvel enjeu à travers le décryptage de solutions concrètes mises en place sur le terrain.


 

L’objectif de cette session a été de  disséquer, regarder à la loupe deux projets d’accès aux services essentiels prenant en compte le changement climatique et poser les questions que l’on a rarement le temps de poser.


 

Illustration réalisée par Hélène Pouille

 


Question au public : quels types de projets de développement existent pour limiter le changement climatique ?


Il existe différents exemples d’intégration de ce facteur comme :

  • Les méthodes agricoles de techniques sans labour
  • L’agro-écologie, l’agroforesterie, l’utilisation des déchets en biomasse
  • Le développement de voitures électriques au Boutan utilisant l’énergie d’un barrage
  • Les projets d’énergies solaire et éolienne
  • Des projets d’économies d’eau
  • Le travail en circuit fermé pour la mobilité urbaine évitant une consommation d’énergie trop forte
  • Une application smartphone pour la gestion de la vente des petits producteurs

Comment le climat est pris en compte à l’AFD ?


Laurent Raspaud : Dans la division eau et assainissement, il y a des objectifs ambitieux : 50% des montants de financement sont dirigés sur des projets climats. Les projets qui augmentent la vulnérabilité sont automatiquement bannis des financements.


Quelle différence entre les actions d’atténuation et adaptation dans le secteur de l’eau et de l’assainissement pour l’AFD ?


Laurent Raspaud : En termes d’atténuation, l’AFD mène un travail sur la consommation et l’optimisation énergétique des services urbains sur le long terme.

Actuellement, entre 5 et 15% de l’énergie produite par le pays part dans les services d’eau potable urbaine. L’AFD finance des projets d’efficacité énergétique comme l’optimisation énergétique dans les infrastructures d’eau ou d’assainissement ou la réduction des pertes dans les réseaux. Il y a un très grand potentiel d’économies dans ce secteur avec plusieurs millions de m3 qui peuvent être économisés.

L’assainissement, quant à lui, produit des GES (Gaz à Effet de Serre) qui peuvent être valorisés, notamment par la valorisation des boues.


En termes d’adaptation, c’est un travail plutôt sur la gestion de la ressource en eau qui se fait. Car cette ressource est vulnérable au changement climatique, surtout dans les pays du Sud. Il y a plusieurs exemples.

En période de sécheresse, la gestion  et préservation de la ressource en termes de qualité et de quantité est primordiale. Le long du Mékong, il y a un travail sur des moyens de mesure de la qualité et de la quantité d’eau de la région.

Le stress hydrique croissant (rapport entre la demande en eau et la ressource) fait aussi augmenter la vigilance sur cette ressource. Au Mexique, un accord avec une station d’épuration permet l’achat de l’eau traitée pour refroidir la centrale électrique voisine.

L’adaptation à des éléments climatiques plus violents est aussi nécessaire, comme la lutte contre les inondations. Au Gabon, le financement d’un schéma directeur des préventions veut dimensionner correctement les canaux de drainage.

La montée du niveau de la mer pose aussi des problèmes d’inondations et a un impact sur les nappes souterraines. Au Suriname, la mise en place d’un projet d’extraction d’eau plus en retrait dans les terres veut éviter les infiltrations d’eau salées.


L’objectif premier est de faciliter la coopération et l’échange d’expertises pour faire émerger des solutions innovantes qui pourront être répliquées et prises en main par les PED (Un exemple : la protection au Mexique d’une zone humide importante niveau biodiversité)


Est-ce que c’est techniquement compliqué de dessaler l’eau ? Qu’est-ce que ça coute ? Est-ce que c’est une bonne adaptation ?


Pour Laurent Raspaud, c’est faisable mais cela pose plusieurs problèmes car c’est une méthode très consommatrice d’énergie. Il faut donc étudier au préalable d’où vient l’énergie et comment elle est produite. Des questions se posent comme : que fait-on des saumures qui sont rejetées dans la mer, et qui a un impact sur l’environnement ? A cause d’une technologie chère, est ce que les gens sont prêt à acheter cette eau chère ?

A l’AFD, on est prudent sur ces financements mais à certains endroits il n’y a pas le choix, comme au Cap Vert, ou au Sénégal.


A l’AFD, orientez-vous vos projets vers la réutilisation des eaux usés par exemple ?


Laurent Raspaud : Nous ne ciblons pas des actions en particulier, mais en effet pouvons financer des actions de ce type.


Mathieu Gobin :

A Dakar, la mise en place de la réutilisation cyclique de l’eau est une alternative à la solution couteuse du dessalement. On parle d’économie circulaire de l’eau.


Comment avez-vous fait à l’AFD pour distinguer adaptation et développement ? Financez-vous aussi des études sur les indicateurs qui définissent les techniques d’adaptation ?


Laurent Raspaud : Ayant des objectifs chiffrés, il faut essayer de se baser sur les choses les plus fiables possibles telles que les données existantes.

Au niveau de l’étude de la vulnérabilité des populations c’est un sujet émergent.


Quelles actions pour répondre au changement climatique dans le secteur des déchets ?


Mathieu Gobin – Présentation des projets de Etc Terra


Etc Terra travaille sur des projets portant notamment sur la gestion des déchets solides,

la limitation de la déforestation, agro-écologie…

Le volet déchet avec Gevalor traite de la bioénergie (avec le biogaz) qui participent à la lutte contre la déforestation.


Projet Africompost :

Selon les zones urbaines dans le monde, on compte 20 à 40% de déchets organiques. Ce chiffre monte jusqu’à 80% en Afrique. Le projet permet de travailler avec des opérateurs de collecte qui déposent ces déchets dans les décharges et proposent aux communes de réaliser une plateforme de valorisation.

Une bonne gestion des déchets pour servir à éviter des émissions trop fortes de gaz à effet de serre mais (méthanisation), de créer de l’énergie (réutilisation des gaz produits – bio gaz) et aussi à créer des mesures d’adaptation (réutilisation des matières, compost etc). Le recyclage permet de conserver pour un nouvel usage l’énergie contenue dans les déchets, en évitant le recours à de nouvelles matières premières.


Le challenge est de la distribution aux agriculteurs. Il y a un développement marketing important à faire car les populations se méfient des déchets urbains.

Un problème : la finance carbone a diminué… Le plaidoyer est donc important pour le maitre d’ouvrage, à propos des coûts évités pour atteindre l’autofinancement.

 

Les impacts environnementaux du compost sont véritables. Ayant des propriétés de rétention d’eau, c’est un argument fort. Le retour du carbone au sol est important aussi.


Au Togo, suite à la saturation de la décharge actuelle il y a eu définition d’un nouveau lieu de décharge (Financement de Suez Environnement). La plateforme, se trouvant sur la route, porte à inciter la commune à reverser ses économies, réalisées sur les trajets, au projet.


Madagascar compte beaucoup de création de plateforme de compostage.


Au Cameroun la promotion du compost est plus facile car tout le monde pratique l’agriculture, donc a une plus grande proximité avec la terre.


A Lomé, une étude économique sur l’aspect social des projets de compost a aussi montré une création d’emploi auquel les communes sont très sensibles.


A quel prix se vend le compost ? Combien cela couterait aux collectivités locales de mettre en place un tel projet ?


On travaille sur une durée limitée avec l’opérateur, le but étant de le rendre indépendant.

Le prix du compost est au prix du marché.


En France, le compost est vendu entre 0 et 15 euros la tonne et il est très difficile de le vendre… Le compost va apporter entre 5 et 30% du cout de traitement et le reste devra être pris en charge par la collectivité. Ce système permet néanmoins de réaliser des économies sur d’autres plans, ce qui réduit le coût total au final.


Est-ce que vous communiquez auprès des agriculteurs et de la population locale au niveau des dangers du compost ?

 

Après on est soumis aux couts de revient. Il faut donc que la commune le prenne comme une solution de gestion des déchets. Le travail de pédagogie et de lobbying au niveau des pop locale a en effet été sous estimé.

 

Idées clés 

 

Les services essentiels (énergie, eau et assainissement, déchets, santé, etc.) sont tous impactés par le changement climatique. Ceci notamment dans les pays en développement. La gestion des déchets et la production d’énergie produisent des gaz à effets de serres, les impacts du changement climatiques sur la ressource en eau provoquent des sécheresses, inondations, la pollution engendrée affecte notre santé…

 

Les gestionnaires de ces services doivent changer leurs pratiques. Ils s’adaptent en créant des moyens de réponses à ces changements.

 

Le changement climatique, n’est qu’une composante d’une myriade de changements globaux (urbanisation, globalisation, inégalités, explosion démographique etc.). Une bonne gestion de ce panel de risques mène à des actions résilientes à tous les niveaux.


Pour en savoir plus


Vidéo « Eau et changement climatique : adaptons nous », (Agence de l’Eau Rhone Méditérranée Corse)

 

Capitalié par : Betty Comte

Les commentaires

  • Kent

    Le mardi 31 juillet 2018 à 03:10

    For a limited time we have lowered the rate on targeted website traffic. We have visitors from virtually every country on Earth. Each visitor is targeted by both country and keywords that you submit when you start your free trial period. If you need more visitors or product sales try our service free for seven days and we will send you 500 free visitors during the trial. There are no contracts and if you cancel during the trial period you will not be charged anything! Start your trial today: http://insl.co/11






    Unsubscribe here: http://stpicks.com/2ruse